Ce n’est pas un hasard si la Commission égalité du Parti socialiste vaudois et des femmes d’A Gauche toute! ont choisi la Journée des femmes pour remettre le Prix Mafalda. L’attribution de ce prix, qui constitue une «distinction déclamatoire sur fond d’(in)égalité», est aussi - et surtout - l’occasion de rappeler que l’égalité est un axe prioritaire pour la gauche vaudoise.
Sur le modèle du Champignac, le Prix Mafalda récompense les candidat·e·s ou député·e·s au Grand Conseil, victimes ou coupables, de confusions, lapsus révélateurs, stéréotypes ayant pour point commun un fond d’(in)égalité.
Orchestrée par les comédiennes Rita Gay et Evelyne Knecht, la cérémonie, qui a eu lieu au TPEL à Lausanne, a été l’occasion de la remise de deux prix.
Le «Prix Mafalda qui pleure!» est attribué à la députée Odile Jaeger pour son paradoxe déclamatoire au sujet d’une action musclée contre la violence devant le Grand conseil vaudois le 30 septembre 2006:
« … c’est maintenant Neuchâtel qui a décidé d’empoigner ce dossier en proposant un plan d’action musclé. Suite au décès de 5 femmes dans ce dernier canton, il veut frapper fort. (Exclamations ) »
La députée radicale s’est montrée heureuse de recevoir la «Mafalda qui pleure !» car cela constitue une opportunité de rappeler la gravité de la situation des femmes face à la violence conjugale, contre laquelle elle se bat depuis toujours.
Le «Prix Mafalda qui rit!» est revenu au candidat Jean-Michel Dolivo pour ses propos anatomico-technocratiques tenus lors du Conseil Communal de Lausanne du 23 janvier dernier :
« Je propose de supprimer le point g) qui à mon avis est tout à fait illustratif (…protestations…) du flou et du creux qui caractérise ce projet. (…) Je n’ai pas entendu d’explication, je propose la suppression de ce point g), qui n’a strictement pas de sens et qui révèle bien la vacuité du projet (… brouhaha, rires…). ».
Le candidat A Gauche toute ! au Grand Conseil a relevé le paradoxe de se trouver là alors qu’il avait commencé à militer sous le slogan «faites l’amour, pas la guerre !». Par ailleurs il s’est attaqué au «point zéro» de la politique qui limite le débat au fait qu’une candidate au Conseil d’Etat soit femme et prétendument incompétente plutôt que de parler de son projet politique.
On peut relever avec satisfaction que le palmarès 2007 du Prix Mafalda est parfaitement paritaire, mais les «Mafaldiennes» ont précisé qu’elles espéraient avoir du mal à trouver des nominations pour le «Prix Mafalda 2008» ! Malheureusement, aujourd’hui même, le conseiller national zurichois UDC Toni Bortoluzzi s’est montré digne d’une nomination rapportée par l’ATS:
« Je tiens la loi sur l’égalité pour moins que rien (…) Les discriminations salariales n’ont rien à voir avec les sexes. »
Les citations des perdant-e-s sont ici.
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