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Ensemble, traçons d'autres voies
Le capitalisme a toujours connu des crises, qu'il n'a surmontées que par une croissance toujours relancée. Aujourd'hui, il se heurte aux limites de la planète. Pour survivre, il doit s'emparer des derniers territoires qui lui échappent, privatiser les services publics, transformer en marchandise tout ce qui est encore gratuit, jusqu'à nos vies dans ce qu'elles ont de plus intime. Production et rentabilité doivent sans cesse augmenter, il faudrait travailler plus pour gagner plus et consommer toujours plus. Pourtant, chômage, précarité, violences et inégalités augmentent en fonction de la concentration des richesses.
A gauche comme à droite, ce développement chaotique est baptisé «durable» ; mais, en vérité, c'est l'exploitation à court terme des humains et le gaspillage des ressources naturelles non renouvelables qui se poursuivent. Notre environnement subit ainsi des dégâts irréversibles, mettant en danger l'ensemble des espèces vivantes et donc l'avenir même de l'aventure humaine. Alors que l'urgence est manifeste, qu'elle est scientifiquement reconnue, les gouvernements et les institutions internationales ne font rien pour stopper cette course suicidaire.
Par contre, ils sont toujours là pour démanteler les assurances sociales, et faire des cadeaux aux plus riches, aux entreprises et aux banques, épuisant ainsi les ressources des collectivités publiques. Nous accusons ainsi les intérêts économiques globaux d'être les pires ennemis de la justice sociale et de l'écologie.
Nous voulons tracer d'autres voies économiques et politiques, construire une société plus responsable, plus solidaire et plus équitable. Pour cela, nous mettons en cause le mythe de la croissance infinie et proposons de redéfinir de toute urgence nos priorités et nos besoins fondamentaux.
Pour ce faire, nous défendons les axes suivants : réduction du temps de travail ‑ relocalisation - droit au logement ‑ sécurité et souveraineté alimentaire ‑ système de santé de qualité pour toutes et tous - abolition des privilèges fiscaux et redistribution des richesses ‑ régularisation des sans‑papiers ‑ respect de la vie privée.
Nous voulons aussi renouer avec d'autres dimensions essentielles de la vie ‑ culturelle, artistique, affective, spirituelle, philosophique, citoyenne, altruiste ‑ reléguées aujourd'hui à une place marginale, mais qui pourraient être développées réellement sans limites et sans péril pour la planète.
Nous nous opposons frontalement à tous ceux dont le fonds de commerce est le rejet des différences et des minorités, ainsi qu'à ceux ‑ souvent les mêmes ‑ qui voient la solution dans la diminution du nombre d'humains ici et sur la planète.
Refuser la résignation ! Résister ! Lutter ! Défendre et étendre, à tous les niveaux, un contrôle démocratique sur les ressources disponibles, les infrastructures et les conditions de vie et de travail ! Inventer ensemble un mode de vivre fondamentalement différent, à même de garantir un avenir aux générations présentes et futures ! Le défi est de taille. Le relever commence ici et aujourd'hui par l'engagement de toutes et de tous dans des actions multiples: individuellement, collectivement, politiquement.
C'est dans cette perspective que nous présentons, au Grand Conseil et au Conseil d'Etat en mars 2012, une candidature où convergent les courants de la «gauche de gauche» et de l'objection de croissance. Alors que les partis installés débattent de retouches au système, nous proclamons qu'un radical changement de cap est nécessaire, urgent et possible.
6 semaines de vacances pour toutes et tous!
Rejetée par le Parlement en votation finale, l’initiative 6 semaines de vacances pour tous sera donc soumise au peuple le 11 mars. Histoire de devancer la campagne culpabilisante que sauront nous proposer les partis de droite et autres centres patronaux, voici quelques comparaisons au niveau européen qui vous aideront à casser les idées reçues.
Le plus haut taux d’occupation professionnelle : Avec un taux d’occupation de 79,2 %, la Suisse arrive en tête, loin devant la moyenne européenne qui varie entre 55 et 70 %.
Les plus longues durées de travail: A plein temps, les travailleurs suisses occupent à nouveau la première place. Avec 44 heures par semaine, ils travaillent beaucoup plus que leurs collègues allemands (40 heures) ou leurs collègues français (37 heures).
De longues journées de travail: En Suisse environ 46 % des travailleurs accomplissent des journées de travail supérieures à 10 heures. Dans les autres pays européens ce pourcentage n’est que de 37 %.
Beaucoup de travail de nuit: Nous sommes aussi les champions d’Europe du travail de nuit. Environ 23 % des actifs travaillent régulièrement de nuit en Suisse quand nos voisins sont entre 17 et 18%.
Des vacances limitées: Avec 20 jours de congé légaux, les travailleurs suisses occupent la lanterne rouge en Europe, loin derrière les Finlandais, (30 jours), les Anglais (28 jours) ou les pays scandinaves qui disposent de 25 jours de vacances par année.
Moins de jours fériés qu’ailleurs : La Suisse est aussi l’une des nations les moins généreuses en octroi de jours fériés. Avec 9 jours fériés, les travailleuses et travailleurs en Suisse sont loin derrière les européens.
Vous l’aurez compris, la Suisse est un pays où l’on travaille beaucoup. Malgré cela on essaye de nous faire croire que ce n’est pas assez, qu’il faut travailler plus, toujours plus. Pourtant entre 1992 et 2007 en Suisse, la productivité a augmenté de 21,5 pour cent, alors que la masse salariale n’a augmenté elle que de 4,3 pour cent. Le résultat étant que nous produisons beaucoup plus pour le même salaire. Il est donc important de rééquilibrer la charge de travail et les périodes de récupération. Car en les poussant ainsi, les travailleurs dépassent leurs capacités et mettent leur santé en danger. Cette charge de travail trop élevée a d’ailleurs un coût chiffré par le secrétariat d’Etat à l’économie à 10 milliards de francs par an. Les 6 semaines de vacances sont donc un dû que nous aurions du reprendre il y a longtemps. A vous de faire en sorte que ce soit le cas en votant OUI à l’initiative 6 semaines de vacances pour tous. Et à l’avenir ne vous laissez plus traiter de fainéant quand vous souhaitez simplement prendre un repos bien mérité.
Plus d’infos sur www.travailsuisse.ch


