Si les technologies numériques se développent vite, elles laissent aussi nombre d’usagers/-ères sur le bord de la route, ou plutôt, selon la métaphore consacrée, de l’autre côté de la fracture numérique. L’inégalité se manifeste entre différents continents ou différents pays, mais elle divise aussi les différentes communautés. La fracture sépare souvent jeunes et vieux, mais encore plus souvent riches et pauvres. Le 10.02.2007, Le Courrier pouvait relayer une recherche de l’OFS, et annonçait : « Les foyers les plus riches (dès 9000 francs bruts mensuels) sont 84% à être dotés d’un accès internet contre seulement 22% pour les plus pauvres (moins de 3000 francs); 80% des plus de 65 ans vivent dans des ménages non branchés contre un tiers des moins de 55 ans. »
Internet manque donc plus souvent aux pauvres et aux personnes âgées. Est-ce un hasard ? C’est à des personnes plus souvent marginalisées que les technologies numériques font défaut. C’est d’autant plus regrettable que les collectivités publiques et les sociétés parapubliques incitent régulièrement leurs usagers à utiliser les ressources d’Internet dans leurs démarches.
La ville de Lausanne, qui dispose avec Citycable d’un fournisseur d’accès Internet, aurait ainsi un moyen d’action sur ce problème. Elle l’utilise déjà , en offrant un an d’accès Internet gratuit aux bénéficiaires du projet Joker (préavis 2008/22). Les postulats de MM. Bron et Montangero (cf. préavis 2008/22) envisageaient d’autres démarches, pour favoriser l’accès aux personnes avec de faibles revenus. Dans ce contexte nous est venu l’idée de proposer la gratuité d’Internet aux bénéficiaires des prestations complémentaires et de l’aide sociale. Se concentrer sur les bénéficiaires de prestations complémentaires et d’aide sociale a l’avantage de s’adresser à une population définie (environ 4′000 bénéficiaires de PC et moins de 4′000 ménages en moyenne pour l’aide sociale), qui se situe probablement parmi les personnes manquant le plus d’accès à Internet, et pour qui l’obstacle financier peut être important.
Sur le plan financier, les frais supplémentaires seraient limités, si l’on admet que la sollicitation du réseau ne serait pas massivement augmentée. Les frais résiduels seraient ceux d’installation, de maintenance et les frais administratifs, sur un mode comparable à ce qui existe déjà dans le cadre du projet Joker. Grâce à la maîtrise de son réseau, la Ville de Lausanne serait ainsi à même d’offrir un soutien majeur en faveur de l’accès aux nouvelles technologies, pour un coût limité.
Le postulat propose donc d’étudier les possibilités de proposer une telle solution, en prenant en compte le nombre de personnes potentiellement touchées, le coût de cette démarche et les bénéfices qui pourraient en être attendus.
Pour le Groupe « A Gauche Toute ! »
David Payot






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