Des ludothèques à Lausanne ou comment mieux faire pour avoir une vie ludique ?

Fonctionnant selon le principe des bibliothèques, la ludothèque offre aux enfants la possibilité de disposer d’un maximum de jeux et jouets de qualité, sans que le prix d’achat (souvent élevé) n’entre en ligne de compte. Les jeux et jouets peuvent s’y emprunter à un prix très bas, pour une durée déterminée. Un moyen anti-gaspillage pour découvrir de nouveaux jeux. Quatre actions sont au centre de l’existence d’une ludothèque : essayer, emprunter, jouer et rendre en bon état.

Les ludothèques jouent un rôle important et particulièrement intéressant pour la communauté. Elles favorisent en effet une saine
occupation des loisirs ; ouvertes à tous, enfants, adultes, handicapés, institutions, écoles et jardins d’enfants, elles encouragent l’activité ludique et participent ou organisent diverses manifestations. Elles stimulent le plaisir de jouer, fonction d’apprentissage propre à l’enfance, et favorisent la création de liens lors des activités ludiques dans des rencontres familiales, ou amicales, ou encore, lors de soirées découverte de nouveaux jeux. Elles peuvent en outre contribuer à l’intégration des étrangers, des handicapés, des personnes âgées, seules, isolées. Enfin, le jeu est considéré comme un facteur d’équilibre.

C’est en 1934, à Los Angeles, qu’a été ouverte la première ludothèque, sur l’initiative d’une danoise, Madame D. Infeld. Ce fut ensuite le tour des pays scandinaves, du Canada, de l’Inde, du Brésil, etc. Depuis 1960, ces ludothèques ont pris un essor important en Europe: 500 en Angleterre, 250 en France (dès 1967) 30 en Belgique et (dès 1972) plus de 450 en Suisse, dont la première a été créée à Zofingue et pour la Suisse romande à Vevey. = + haut taux mondial.

Lausanne compte aujourd’hui 3 ludothèques, Pinocchio, Ali Baba et la Cigale & la Fourmi. Toutes trois nées de l’initiative de bénévoles, les deux dernières continuent de vivre grâce à leur seul engagement.

La plus ancienne - 4e de Suisse - et la plus grande de notre Commune, l’association de la ludothèque Pinocchio fut créée en 1975; pendant 18 ans, elle vécut uniquement grâce aux bénévoles. En 1993, face à l’augmentation de la fréquentation et à la nécessité d’élargissement des horaires, le bénévolat rencontra ses premières limites. L’ACAE (Association des centres d’accueil de la petite enfance) accepta de financer un poste de travail à 20%. Dès 2002, l’Ecole Catholique du Valentin l’accueillit sans demander de loyer. Finalement, la Ville de Lausanne permit d’accroître à 50 % le temps de travail salarié, grâce à une subvention demeurée inchangée à ce jour (49′000 francs). Pinocchio, ouverte 3 jours par semaine, offre plus de 2200 jeux à des usagers en nombre sans cesse croissant (4458 prêts en 2006).

Ali Baba est née en 1976, à la demande de nombreuses familles du quartier des Boveresses - Eterpeys et Praz-Séchaud. Le jour de l’ouverture ils possédaient 45 jeux. Ce jour-là 70 enfants sont venus s’y inscrire… Au début, la maison des Boveresses a été leur point de chute. Ensuite, elles ont déménagé dans le quartier de Praz-Séchaud, dans une cave, ce fût leur premier vrai local. En automne 1998, elles se sont installés au quartier des Eterpeys.

L’association de la ludothèque la Cigale et la Fourmi existe depuis 1995. Elle a été fondée par un groupe de femmes croyant à sa nécessité dans ce quartier à Lausanne. La ludothèque est située auprès des enfants, au collège de Boissonnet. Elle dispose maintenant de plus de 700 jeux et jouets d’intérieur et d’extérieur.

La Ville de Genève compte actuellement 11 ludothèques. Ces associations offrent la possibilité à des enfants de jouer et d’emprunter des jeux. Le service des écoles assure le financement de départ, la mise à disposition des locaux (dans les écoles) et une subvention annuelle d’exploitation (800′000.- francs hors loyers).

Il y en a aussi à Renens, Echallens, Avenches, Echandens, Froideville, Grandson, Nyon, Oron, Prilly, Pully, Rolle, etc.

L’Association suisse des Ludothèques (ASL) aide lors de l’ouverture de nouvelles ludothèques ; organise des journées d’initiation et une formation spécifique dans les différentes régions linguistiques de Suisse ; publie le « Ludo Journal » (parution trimestrielle) ; informe sur les nouveautés concernant le marché du jeu et du jouet ; effectue des tests de jeux ; donne des conseils d’achat ; organise des rencontres régionales entre les ludothèques et les ludothécaires pour échanger les idées et les expériences.

Quant à l’association de la ludothèque Pinocchio, elle souhaite développer ses activités. En effet, les bénévoles qui s’y activent y sont prêts, mais ils ne peuvent aller de l’avant sans augmenter le temps salarié. Si le stock peut être renouvelé avec les entrées des locations de jeux, l’augmentation du salariat a besoin d’une augmentation de la subvention. Un appui accru de la part de la Commune aux ludothèques existantes qui ont une bonne expérience est nécessaire, sans oublier que, sans aucune campagne de publicité, la demande s’accroît année après année.

Parmi les projets de Pinocchio, il y a le développement des soirées pour « grands », les Jeux du jeudi. Le besoin d’activités pour adultes et adolescents est patent. Tous les jeudis soir, gratuitement, ils organisent ces soirées conviviales.
Ils souhaitent aussi élargir les horaires d’ouverture, plus souvent en semaine, et notamment une ouverture prolongée en soirée chaque semaine. Mais aussi, ouvrir pendant les vacances d’été. Pour cela, ils proposent de s’associer au passeport vacances.
Ils proposent encore des animations extra-muros, dans des écoles, centres socioculturels, maisons de quartier.
Pour tout cela, une augmentation du temps de salariat serait nécessaire.

Ce qui serait très intéressant pour toute la population lausannoise, ce serait de développer un réseau de ludothèques en ville de Lausanne, peut être basées dans les maisons de quartier, dans les centres de quartier, en relation avec les centres socioculturels. Déjà aujourd’hui, des collaborations existent: Jeux t’aime le monde, avec Pôle Sud, et les jeux géants, avec aussi la Maison de quartier de Sous-gare. Les établissements scolaires sont des locaux adéquats aussi. Des enseignantes ont observé le manque de jeux dans les maisons d’élèves de familles modestes, ainsi que la difficulté qu’ils éprouvent à jouer, car ils manquent d’habitude. Le Centre de quartier de Malley-Montelly, fort de ces constatations, avait déjà demandé à la Municipalité en mars 2000 d’envisager une ludothèque dans le quartier et de prévoir des locaux dans la nouvelle école de Provence qui devait être construite. Malheureusement, cela n’a pas été possible à l’époque. Mais le besoin est plus fortement ressenti aujourd’hui et un projet se met sur pied en concertation entre l’école et le centre de quartier.

Forte de toutes ces constatations, A gauche toute ! demande à la Municipalité d’effectuer une étude en vue de développer les activités de la ludothèque Pinocchio, ainsi que d’imaginer un réseau de ludothèques pour la Ville de Lausanne, dans lequel pourrait aussi s’inscrire le projet de Malley.
Nous demandons donc que cette proposition soit envoyée à la Municipalité.

 Romandez-moi! Romandez-moi!

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