Le Conseil fédéral a approuvé cet après-midi le rapport sur la possibilité d’introduire un péage routier. Ce rapport fait suite à un postulat de la Commission des transports et télécommunications du Conseil national demandant notamment « à quelles conditions serait-il opportun et possible d’instaurer le péage urbain à titre d’essai ? ». Ce postulat est la suite donnée à une l’initiative de la socialiste Evi Alleman.
On le voit donc bien, le péage urbain fait son chemin, en tout cas au niveau des autorités fédérales. Le communiqué de presse annonçant l’acceptation de ce rapport précise que celui-ci explique les avantages et les inconvénients du péage urbain et propose une marche à suivre en vue de son introduction. Il précise notamment : « Dans certaines circonstances, il peut être opportun d’introduire un péage routier à titre d’essai. ». Par contre, il n’est pas très bavard sur la destination des sommes récoltées, tout au plus précise-t-il qu’un péage routier pourrait contribuer à pérenniser le financement des routes mis en péril par la baisse des revenus de l’impôt sur les huiles minérales. Baisse due à l’amélioration de l’efficacité des moteurs. Bref, il serait question de faire payer la route par un péage. Cela est parfaitement anti-social et, des études le montre, peu acceptable par le peuple. Le seul moyen de rendre social – voire très social – un péage urbain est de consacrer totalement ses revenus aux transports publics, pour, si possible, atteindre la «gratuité» de ceux-ci.
À l’allure où le dossier «péage urbain» avance, il serait temps que le syndic de Lausanne se mette à étudier la proposition popiste de transports publics gratuits financés par un péage urbain qui attend sagement dans ses tiroirs depuis septembre 2004. Au dernière nouvelle, le syndic attendait un signe de Berne pour éviter de «perdre du temps» à effectuer une étude sur une proposition anticonstitutionnelle. Il est vrai que la Constitution fédérale interdit les péages routiers, mais le Parlement peut accorder des dérogations et le Conseil fédéral à l’air d’être près de le proposer.
Alors, il serait peut-être temps que Daniel Brélaz se déclare volontaire pour un essai, non ?
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