Hier, par un communiqué de presse, Claude-Alain Voiblet, tête de pont blochérienne en terre romande déclarait refuser la présidence de la commission du conseil communal chargée de faire un audit sur le conseil de Fondation des musiques actuelles.
S’il s’était contenté de préciser que sa raison était d’éviter de se laisser neutraliser, comme seul représentant de son parti dans cette commission, on aurait pu comprendre. Mais non, dans son communiqué de presse, le conseiller communal d’extrême-droite précise :
« (Il) ne va pas présider la commission chargée de l’audit sur les Docks et apporter sa caution à la politique de la gauche… »
et plus loin :
« notre parti entend jouer pleinement son rôle et s’engage à refuser toute dépense supplémentaire en faveur de la Fondation des Musiques Actuelles dans le cadre du budget 2007 »
Où a-t-il vu qu’un audit[1] était chargé d’apporter une caution à qui, ou quoi, que ce soit d’autre que la recherche de la vérité ? Comment sait-il avant l’audit que les Docks ne méritent pas un centime de plus au budget 2007 ? Aurait-il un préjugé ? Un doute m’assaille …
Eh bien oui, il a un préjugé l’émissaire blochérien, ou plutôt une mission : appliquer le programme de l’UDC Suisse dans lequel on trouve en page 74 :
« Lorsque l’Etat se met à soutenir la culture, le gouvernement risque de privilégier la culture qui, politiquement, lui est proche. »
puis plus loin :
« L’UDC souhaite, dans le domaine de la politique culturelle aussi, laisser jouer la concurrence des idées et la loi de l’offre et de la demande qui caractérise l’économie de marché. »
Bref, il veut tuer les Docks, simplement parce qu’ils sont nés par une volonté politique de gauche et parce qu’ils touchent des subventions pour ne pas être totalement soumis aux lois du marché de la nuit.
Et après, le pitbull de la culture va-t-il s’attaquer au Ballet Béjart ? Puis au Théâtre de Vidy, puis à quoi encore ?
- Crédit photographique : “La culture indépendante de la politique vue par l’UDC”, photo extraite sans complexe du programme de l’UDC.
Notes
[1] L’audit, exercé par un auditeur, est un processus méthodique, indépendant et documenté permettant de recueillir des informations objectives pour déterminer dans quelle mesure les exigences satisfont aux référentiels du domaine concerné (selon Wikipédia).







La volonté de l’UDC me paraît très claire: seulement l’industrie culturelle rentable survivra dans un monde où le théorème de la loi de l’offre et de la demande nous est imposé.
Je les encourage dès lors à soutenir massivement les spectacles folkloriques dont ils sont si friands pendant leurs kermesses au quatre coins du pays… il en reste des parts de marché à conquérir face aux énormes moyens des grandes multinationales de la culture
En définitive, qu’est-ce qui est pire ? Des artistes subordonnés aux lois du marché ou des artistes arrosés pas des subventions qui ne sont distribuées qu’à ceux qui font aussi obédience à ceux qui les distribuent? Néron, incarnant la puissance publique romaine, ne distribuait ses subventions qu’aux artistes l’encensant…
Ah bon, et qui est Néron, aujourd’hui, à Lausanne ?
Par ailleurs, vous y croyez, vous, aux “lois du marché” ?