Caisse maladie unique et sociale : le gros mensonge du libre choix

S’il y a quelque chose qui me met dans tous mes états, ce sont bien les mensonges en politique. Ce ne sont pas ces innocents petits arrangements que l’on peut faire avec sa conscience. Non, en politique, le mensonge sert à convaincre, à gagner des batailles, tout cela sur le dos de celles et ceux qui font confiance aux politiciens et politiciennes.

En cette période de votation sur la caisse maladie unique et sociale (CMUS), il y en a un parfaitement sournois qui circule : la suppression du libre choix … de quoi d’abord ? Libre choix du médecin ? Libre choix de la caisse maladie ? On ne sait pas trop, mais une chose est certaine, les opposants à la caisse unique cultivent l’ambiguïté au moyen de publicités telles que celles que l’on peut trouver sur leur site. Cette ambiguïté est d’autant plus sournoise que l’on sait bien que les gens sont très attachés au libre choix du médecin. Des slogans tels que « Renoncer au libre choix » sont non seulement trompeurs et malhonnêtes, mais perfidement efficaces ! Répétons-le, la caisse unique ne prévoît absolument pas la suppression du libre choix du médecin. Pour fixer les idées, rappelons ce que propose le texte constitutionnel :

Art. 117 al. 3 (nouveau)
La Confédération institue une caisse unique pour l’assurance obligatoire des soins. Le conseil d’administration et le conseil de surveillance de cette caisse comprennent un nombre égal de représentants des pouvoirs publics, des fournisseurs de prestations et des organisations de défense des assurés.
La loi règle le financement de la caisse. Elle fixe les primes en fonction de la capacité économique des assurés.

Les dispositions transitoires de la Constitution fédérale sont modifiées comme suit :

Art. 197, ch. 2 (nouveau)
2. Disposition transitoire ad art. 117, al. 3 (Assurance obligatoire des soins) :
La caisse unique est opérationnelle au plus tard trois ans après l’acceptation de l’art. 117, al. 3. Elle reprend les actifs et passifs des institutions d’assurances existantes en ce qui concerne l’assurance obligatoire des soins.

Pour ce qui est de l’assurance de base, il est évident qu’avec une caisse unique, il n’y a plus de choix de la caisse.

Mais quel choix au fait ? Le choix de changer chaque année d’assurance maladie, donc de causer des frais administratifs inutiles, pour en rejoindre une autre qui offre exactement les mêmes prestations (LAMal oblige). Vous parlez d’une perte ! Par contre, ce que les opposants ne disent pas, Pascal Couchepin en tête, c’est qu’eux-mêmes remettent en cause la liberté de choix du médecin, par l’intermédiaire de la fin de l’obligation de contracter pour les assureurs. « La levée de l’obligation de contracter fait partie du premier train de mesures selon le calendrier adopté par le Conseil fédéral le 25 février dernier ». C’est ainsi que s’exprimait Pascal Couchepin devant le Conseil national le 8 mars 2004.

D’ailleurs, a-t-on encore véritablement le choix de son médecin ? Oui et non. En tout cas, au CHUV, à Lausanne, seule une assurance complémentaire vous ouvre les portes des professeurs et chefs de clinique. C’est pourquoi le « Règlement et formulaire sur les conditions d’hospitalisation en privé et demi-privé : Information au patient » précise :

En complément des prestations obligatoires de soins, un patient hospitalisé au CHUV peut demander à être admis en privé ou demi-privé, (…), et à bénéficier ainsi des prestations complémentaires d’hospitalisation suivantes :

  • Choix d’un médecin cadre de l’Institution
  • Confort hôtelier et soins
 Romandez-moi! Romandez-moi!

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2 commentaires à “Caisse maladie unique et sociale : le gros mensonge du libre choix”


  1. 1 KG 20 fév 2007 à 8:59

    Hum hum…
    Le libre choix du médecin est un thème intéressant.
    Imaginons une famille genevoise qui s’installe à Lausanne, et qui doit choisir son/ses médecin/s.
    A part les recommandations d’amis, de voisins ou de collègues, pas facile de trouver des informations fiables sur la qualité des généralistes du coin. On risque bien de tomber sur des critères du genre “il est sympa”, “on peut stationner devant chez lui”, ou même “le café servi à la salle d’attente est bon”. Super pour choisir une prestation médicale de qualité !
    Pour ce qui est du choix d’un spécialiste, il sera souvent fait sur recommandation du généraliste, qui aiguillera souvent ses patients chez un collègue d’études.
    Et puis dans les cas d’urgences, tout le monde sera ravi de voir une “blouse blanche” intervenir, sans grand choix possible.
    Alors à quand des critères “un peu médicaux”, au moins pour choisir un généraliste ? Peut-être que la Caisse unique proposera quelque chose…

  1. 1 www.romanding.ch Trackback dans 18 fév 2007 à 20:54

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