Edmond Gilliard parlait déjà de Jacqueline de Quattro en 1942

Voici une citation de la candidate Jacqueline de Quattro extraite par 24heures dans le cadre de sa série de débats entre candidat-e-s au Conseil d’Etat :

« Il faut tenir compte des exigences de la mobilité accrue de l’économie. Il faut un meilleur partenariat avec les employeurs. J’estime qu’EVM est dépassée »
Jacqueline de Quattro, résumant ses critiques de l’école publique encore trop marquée selon elle par l’esprit de Mai 68.

Edmond Gilliard (1875-1969) avait déjà dit pas mal de choses contre l’école, et bien avant 1968. Les propositions de « dressage Â» plus ou moins explicitement contenues dans le programme de Jacqueline de Quattro étaient déjà critiquées dans « L’école contre la vie Â» paru en 1942.

… Il est trop facile de faire taire un enfant … (…) Il est trop facile de disposer, contre l’enfant, des arguments de la force, de la poigne des règlements et de la massue des préceptes. Il est trop facile de déjouer, par les vieux trucs d’un régime policier, les naïves entreprises de son « indiscipline Â» ; il est trop facile, vraiment, de commettre à son égard des abus de pouvoir, de l’entraîner, au nom de l’ordre, à l’arbitraire, et, au nom de la vertu, à l’artifice ; il est trop facile de lui imposer des respects imbéciles ; il est trop facile de lui rendre toutes les trappes de l’imposture officielle et tous les pièges de l’hypocrisie sociale ; il est trop facile, sous camouflage d’autorité scolaire, à des hommes faibles de jouer au despote, à des hommes sans jugement de trancher des raisons, à des brouillons de fausser des valeurs, à des ineptes de contrarier les aptitudes, à des déçus de se venger, à des maniaques de se repaître.

Il est trop facile à des ratés de la vie de faire rater, au collège, les élus de la nature …

(…)

À l’école, tout est toujours truqué, et l’amour toujours marchandé. Rien n’est gratuit, tout est tarifé : la note. L’école, en payant tout, apprend à acheter tout. L’enfant s’habitue à négocier sa parole, à vendre sa signature, à coter son cÅ“ur et sa tête. Au fond, l’école n’enseigne qu’un vilain jeu de commerce ; jeu de banque, jeu de bourse …

Voici la référence, si jamais Madame de Quattro veut bien …
Gilliard, E. Oeuvres complètes. Genève : Editions des Trois Collines, 1965

 Romandez-moi! Romandez-moi!

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