À bien y réfléchir, la double mise au pas par Conseil fédéral, même si elle fait la une des journaux de ce jour, n’a aucune importance en regard du joli coup double – et du bénéfice politique – réalisé par Doris Leuthard à l’occasion de sa prise de position en matière fiscale et de congé paternité.
L’annonce – prématurée – du congé paternité dans son département force les autres conseillers fédéraux à envisager la chose pour l’ensemble de la fonction publique fédérale. Même si elle n’a pas été très claire sur sa position par rapport aux forfaits fiscaux et au dumping fiscal intercantonal, sa prise de position contre ces forfaits accordés aux seuls étrangers la fait passer pour la défenderesse d’une politique équitable en matière d’impôts. En s’engageant sur le sujet épidermique de la fiscalité et en forçant la main de ses collègues en matière de politique familiale, la ministre montre qu’elle a du courage. Et, enfin, en se faisant vertement rabrouer alors qu’elle défend la famille et une « certaine » justice fiscale, elle passe plus pour une victime courageuse que pour une agresseuse gratuite.
Bref Doris Leuthard a littéralement effacé en deux jours le Parti socialiste sur les terrains de la fiscalité et de la famille. Pour qui les socio-démocrates vont-ils bien pouvoir voter après ça ? À quelques mois des élections fédérales, ça fait mal, très mal.






Et elle en rajoute une couche en déclarant selon l’ATS:
"Doris Leuthard estime que certains dirigeants manquent de sensibilité à propos de leurs rémunérations. Si le personnel touche une hausse de salaire de 1 à 2% mais que les cadres supérieurs bénéficient d’augmentations de 20 à 30%, cela nuit à leur crédibilité, selon elle."