Transports publics gratuits : ligne verte toujours plus floue

En matière de gratuité des transports publics, les Verts mènent une politique pour le moins floue, c’est le moins que l’on puisse dire, jugez plutôt.

Vaud2007.ch a amorcé le débat en posant la question : « Les Verts sont-ils vraiment les champions de l’écologie ? ». A la lecture des actualités de ces dernières années, on constate que ce sont surtout les champions de la ligne à géométrie variable.

Neuchâtel, début 2004, les Verts se font les promoteurs très actifs et peut-être trop pressés des bus gratuits au Locle. Pour eux, « la gratuité des transports publics engendrera plus de sécurité et incitera les Loclois à prendre le bus « sans compter » ». Notons que ce sera le popiste Denis de la Reusille qui contribuera, plus pour des questions d’empressement des Verts et de forme que de fond, à faire capoter le projet en votation populaire. Nul n’est parfait !

Genève, début 2005, les Communistes, SolidaritéS et des associations et syndicats lancent une initiative populaire, qui aboutit, pour des transports publics gratuits. Le conseiller d’Etat écologiste, Robert Cramer, la qualifie de contre-productive et se permet même de se gausser de l’initiative déclarant que l’étape suivante sera la gratuité … des semelles des chaussures. Une fois l’initiative pour des TPG gratuits déposée, les Verts se fendent d’un contre-projet offrant la gratuité aux seuls automobilistes et aux jeunes de moins de 16 ans par le biais l’institution d’une taxe de circulation.

Début 2006, à Lausanne, les socialistes font campagne pour les communales : ils comptent instaurer la gratuité des transports publics pour les moins de 20 ans. Pour le président des Verts Yves Ferrari, les écologistes refusent d’entrer en matière sur la gratuité des transports publics pour une question de principe car « la mobilité doit avoir un prix et c’est une affaire de principe pour les Verts »[1]. Le syndic vert Daniel Brélaz est plus habile prudent « Effectivement, nous devons aller dans la direction de la proposition socialiste, mais je suis bien incapable de dire aujourd’hui comment ».

Enfin, fin 2006, le président des Verts de Renens, Laurent Desarzens, dépose à titre personnel un postulat demandant la gratuité de la ligne 7 sur le territoire de la commune de Renens.

Bref, avec les Verts tout peut arriver, le pire et le meilleur, selon qu’ils sont « fondamentalistes » ou « gestionnaires », de « gauche » ou de « droite ». C’est sans doute ce qu’ils appellent « être ni à gauche, ni à droite, mais devant. ». Attendons 2008 pour savoir quel sort les Verts réserveront à la proposition popiste d’un péage urbain pour financer la gratuité des transports publics, car pour l’instant, tout peut arriver.

Notes

[1] Gratuité des transports publics : le sujet divise Verts et socialistes (MSP, 24heures, 10 février 2006)

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