Moins d’un mois après la mise en vigueur des ouvertures retardées du samedi pour les magasins, la Coop annonce qu’elle ouvrira un nouveau Coop Pronto à l’avenue de Morges. Ainsi donc, contrairement à ce qu’espérait la municipalité, la diminution de 150 à 100 m2 de la taille des « petits » commerces bénéficiant d’exceptions aux horaires d’ouverture n’a pas découragé le géant du commerce de détail.
Selon le « Matin Bleu » du 8 août 2006 :
Dès ce jeudi, une nouvelle station-service avec shop permettra aux Lausannois de faire leurs emplettes jusqu’à 22 h, y compris le dimanche. Situé à l’avenue de Morges, ce Coop Pronto dispose d’une surface de vente de 100 m2. Coop prévoit d’ouvrir deux autres shops d’ici la fin de cette année à Payerne et à Morges. Ils seront tous deux équipés d’une station service. La vente d’alcool y sera proscrite, règlementation cantonale oblige.
Cela signifie en clair que la Coop trouve son intérêt dans l’implantation de ces commerces dits de proximité et de première urgence dont les horaires d’ouverture sont assoupli par les règlements.
Ainsi donc cette mesure, qui devait permettre aux petits commerçants de survivre, se retourne contre eux : le gros distributeur qui a trouvé un nouveau filon avec ce système de franchise leur fera directement concurrence et cela malgré les mises en garde du POP & Gauche en mouvement.
La Coop ne se cache d’ailleurs pas que ses Pronto constituent une excellente affaire, comme en témoigne cet extrait de son communiqué de presse du 24 janvier 2005 :
“Un dynamisme ininterrompu pour Coop Pronto
Une forte croissance a également été notée sur le marché convenience en 2004. Les clientes et clients de Coop ont dépensé CHF 290 millions dans les Coop Pronto au cours de cette année de référence (+15% ou + 38 millions CHF par rapport à 2003). La politique d’expansion avec l’ouverture de 20 nouveaux shops et les horaires flexibles ont contribués au bon résultat. Aujourd’hui, dans les 136 Coop Pronto, les marques Coop sont proposées au prix Coop. Les Coop Pronto ont les prix les plus avantageux sur le marché convenience.“
Ce système de franchise séduit d’ailleurs aussi le distributeur Naville, comme le montre un communiqué de « Presse Suisse » du 18 avril 2005 :
“Naville : franchiser les patrons de kiosques ?
La société Naville, propriété à 65% du groupe français Hachette Lagardère et à 35 % d’Edipresse souhaite franchiser son réseau de vente. Une fois indépendants, les gérants pourront ouvrir leurs kiosques en soirée ainsi que le dimanche.
Cela permettrait à Naville de faire face à la concurrence des stations services et des magasins Coop pronto. En 10 ans, Naville a réduit d’un tiers ses kiosques, mais leur surface totale a progressé.”
Cela n’empêche pas en attendant le ditributeur de presse de cesser d’alimenter en journaux les commerces qui ne réalisent pas un chiffre d’affaire jugé suffisant.
Pour les « gros » de la distribution, la tactique est simple : s’assurer les services « disciplinés » de pseudo-indépendants pour assurer l’écoulement de leur marchandise avec le maximum de profits et le minimum de risques.
Bref, la bataille entre les gros mais contre les petits ne fait que continuer et l’issue est malheureusement quasiment certaine, surtout si la municipalité de Lausanne manifeste aussi peu d’enthousisme à défendre « ses » petits commerçants.






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