Domination, asservissement et précarité (discours du 1er mai 2006)

Domination, asservissement et précarité. C’est le programme que les réformistes rétro-libéraux nous proposent chaque jour pour notre présent et notre futur.

Selon ces rétro-réformateurs,

  • pour survivre, il faut s’adapter,
  • pour s’adapter il faut se soumettre à ce qu’ils appellent « conditions cadre de l’économie de marché »,
  • et pour se soumettre, il faut accepter la précarité.

Si les femmes et les hommes politiques qui représentent les lobbies bourgeois emboîtent gaillardement le pas de ces processus déshumanisants, celles et ceux qui sont supposés défendre les classes populaires ont une fâcheuse tendance à fermer les yeux et même à assumer ces réformes au titre des sacro-saints « réalisme » et « équilibre budgétaire ».

Ainsi, nous vivons une période de l’histoire qui se caractérise par la disparition quasi totale des limites des puissants dans leur quête du pouvoir et des profits.

Tous les acquis, tous les droits fondamentaux sont remis en cause parce que pour eux, « tout est trop » et tout est occasion de prendre le pouvoir sur tous les aspects de la vie de chacune et chacun.

C’est ainsi que pendant que leurs entreprises affichent des bénéfices records et leur manager des salaires toujours plus indécents, on assiste en parallèle à des attaques toujours plus violentes sur les conditions de travail et d’existence des travailleuses et travailleurs.

Car le profit des uns nécessite la domination, l’asservissement et la précarité des autres.

La domination, l’asservissement et la précarité peuvent prendre de multiples visages et finissent par ronger notre vie tout entière.

La volonté de dominer, c’est par exemple les attaques croissantes sur les conventions collectives. La manœuvre est claire, il s’agit d’aligner – comprendre abaisser – les conditions de travail lors de négociations où les syndicats seront contraints de signer un accord qui représente le moindre mal. Une fois le nouvel accord signé, le patronat pourra s’assurer d’une nouvelle période de paix du travail pour préparer sa prochaine attaque.

La volonté d’asservir, c’est aussi les poursuites judiciaires des actions syndicales légitimes. Le procès, demain, de 4 de nos camarades pour le blocage des Presses Centrales en est un exemple :

  • si le patron ne veut pas entendre parler de négociation, il lui suffit de la refuser.
  • si les travailleurs veulent que leurs droits fondamentaux soient respectés et organisent un piquet, il suffit de les poursuivre en justice pour le préjudice financier subi !

La volonté de précariser c’est encore, le refus de protéger les travailleurs actifs syndicalement contre les licenciements abusifs pour « faits syndicaux », quand bien même les accords internationaux que la Suisse a signés l’exigent expressément. Même le règlement du personnel de la ville de Lausanne, pourtant de plus en plus à gauche dans les urnes, ne prévoit que la consultation des syndicats et oublie totalement la protection des syndiqués et le droit de négociation collective.

Mais les attaques ne se limitent pas au monde du travail.

En février dernier, le Conseil fédéral publiait un rapport qui tend à montrer que la Loi sur l’égalité n’a pas atteint tous ses objectifs. La faute à qui ? Les bourgeois populistes de l’UDC n’ont pas hésité : ils proposent purement et simplement la suppression des bureaux de l’égalité. Cela fera des économies et de toute façon, comme ils disent, « Les femmes modernes ne tiennent pas du tout à une égalité dictée d’en haut. ». Il y a là une volonté claire d’asservir !

Mais la volonté de dominer c’est aussi diviser pour mieux régner. Pour ce faire la droite distille sournoisement et consciencieusement dans la population le concept d’abus : abus de l’AI, abus des assurances-maladie, abus du chômage, abus de l’asile … bref abus des démunis sur les démunis. Mais la réalité est que les seuls vrais abuseurs sont les grands, les puissants, les forts qui abusent de leur pouvoir financier, qui abusent de leurs prérogatives, qui abusent de leur valeur sur le marché d’un certain travail pour mieux dominer, asservir et précariser !

Et tout récemment, comment un organisme public comme la FAREAS ose-t-il, de connivence avec une entreprise en main publiques comme les tl proposer aux requérants d’asile de travailler 20 heures par semaine pour 300 francs par mois à nettoyer les bus sous les yeux du public, et cela soi-disant pour leur redonner leur dignité.

Comment osent-ils au nom de leur dignité leur proposer une rémunération de 3,75 francs de l’heure ?

Comment osent-ils imposer une activité qui viole les dispositions sur les salaires usuels, la convention collective du nettoyage et la convention de l’OIT interdisant le travail servile et l’esclavage ?

Une seule réponse : au nom de ces réformes rétro-libérales rampantes dont l’essentiel est de dominer, d’asservir et de précariser !

Pour répondre à ces actes toujours plus brutaux de domination, d’asservissement et de précarité, nous avons trois armes essentielles dont nous devons nous saisir de plus en plus souvent :

La résistance, l’affranchissement et la solidarité.

 Romandez-moi! Romandez-moi!

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