La pollution n’est pas une fatalité. Des mesures urgentes s’imposent

Le triste record « pollutoire » - c’est un néologisme - détenu par Lausanne depuis le 1er février dernier n’a rien d’une fatalité. Cette pollution urbaine est essentiellement due au chauffage et à la circulation motorisée.

Il est proprement effrayant de lire dans la presse aujourd’hui que le canton de Vaud, je cite, «a été pris de court» par cet accroissement de la pollution. Si l’on en croit M. François Marthaler, membre des Verts et chef du Département des infrastructures, je cite de nouveau, «Nous _ et il parle du Conseil d’Etat _ n’étions pas prêts pour affronter une telle situation.» On croit rêver. Cela fait des décennies que les scientifiques, les médecins, les écologistes au sens large crient «Au feu» et «Au fou». Cela fait des décennies qu’un nombre toujours plus important de citoyens tentent d’alerter les politiques sur les dangers pour la santé de tous que font courir l’obstination et l’aveuglement de ceux qui veulent continuer comme ça, en voiture par exemple, avec quelques aménagements indolores.

Si le canton de Vaud avoue sa passivité, la Municipalité de Lausanne ne s’est pour l’heure pas montrée plus active. Voici une semaine qu’aucune mesure n’est prise, sous prétexte de recherche de solutions durables respectant les compétences de chacun. Pourtant, l’association des médecins pour l’environnement - qui étudie les effets de la pollution sur la santé depuis des décennies - l’affirme (c’est sur leur site et dans 24 Heures) : en tolérant durablement un léger dépassement des valeurs limites, une situation météorologique particulière a conduit actuellement à une situation catastrophique, ont dénoncé ces médecins. Selon leurs calculs, la pollution de l’air va provoquer une augmentation de 10% de la mortalité journalière, une hausse de 30 % des admissions à l’hôpital pour des infections des voies respiratoires, de 75 % pour les asthmatiques et jusqu’à 150 % pour les absences au travail. C’est eux qui le disent.

La seule mesure pratique prise a été l’offre par les tl, du billet de retour gratuit dimanche dernier. Les tl ont immédiatement enregistré une hausse de 10 % des voyageurs. Ils ont aussi informé M. Marthaler - je cite toujours 24 Heures - qu’« en comparaison avec le lundi précédent, il y avait une hausse de 5 à 10 % des passagers ». Et celui-ci, M. Marthaler, donc, d’ajouter que l’agglomération lausannoise est « la lanterne rouge » en matière de transports publics parmi les grandes villes de Suisse. Même le projet de l’agglomération Lausanne-Morges ne ferait qu’amener Lausanne au niveau actuel des autres villes !

Encore un effort, Messieurs les politiques! Tout le monde sait que si la réduction drastique du trafic motorisé ne résout pas tous les problèmes de pollution aux particules fines, elle en résout une bonne partie. Et tout le monde sait aussi que l’alternative au trafic motorisé privé, ce sont les transports publics. L’augmentation des voyageurs ces derniers jours montre que qu’il faut peu de chose - une très légère et momentanée baisse des tarifs - pour que les citoyens en fassent usage. Cela montre aussi que la conscience civique n’est pas si délitée que d’aucuns le disent.

Cet accroissement de la fréquentation des tl est un argument de poids en faveur de la gratuité des transports publics, au moins pendant la période polluée. Si cette mesure était prise, le trafic motorisé privé diminuerait, les particules fines aussi.

C’est pourquoi le POP & Gauche en mouvement pose à la Municipalité les questions suivantes :

  1. A-t-elle pris langue avec le canton pour assurer la gratuité des transports publics jusqu’au retour à la situation normale et chaque fois que la situation atmosphérique le nécessitera ?
  2. a-t-elle établi un catalogue de mesures à court et à moyen terme qui permettent de diminuer la pollution de l’air ?

Résolution d’Andréa Eggli acceptée par le conseil communal le 7 février 2006

Le Conseil communal souhaite que la Municipalité, en collaboration avec le Canton, assure la gratuité des transports publics et des parkings relais chaque fois que les limites d’émissions de particules polluantes sont dépassées. Il souhaite en outre qu’elle établisse un catalogue de mesures à court et à long terme qui permettent de diminuer la pollution de l’air ainsi que leur programme de mise en œuvre.

 Romandez-moi! Romandez-moi!

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