On l’a appris samedi, les radicaux, les libéraux et les démocrates-chrétiens partiront unis sur une liste commune à l’assaut de la municipalité rose-verte de la ville et ne disputeront pas le fauteuil de syndic à Daniel Brélaz. L’ex-premier conseiller national écolo serait-il devenu plus syndic que vert, plus bourgeois que progressiste ? Poser la question c’est y répondre, disséquer l’action de la municipalité lausannoise ces dernières années c’est s’en convaincre.
On a pu entendre dire que Daniel Brélaz est un « vert pâle sans projet politique qui a attrapé la grosse tête ». Si son action politique, et celle de la majorité municipale rose-verte, peuvent donner l’impression d’absence de projet, force est de reconnaître que s’il n’y a pas de projet, il y a volonté de s’adapter ou plutôt de se soumettre. De se soumettre aux forces dominantes et au mouvement général qui est marqué par une baisse structurelle des rentrées publiques et une augmentation des profits privés. Pour s’adapter, la municipalité « de gauche » a choisi d’appliquer des recettes simples, puisées aux sources du bon sens bourgeois : diminution des dépenses publiques, légères augmentations ciblées des rentrées par le biais de l’augmentation du prix des services, adaptation des conditions de vie citadines propres à attirer les « bons » contribuables. Un cocktail plus proche du renoncement que de l’imagination ! Pour s’adapter, la municipalité a en fait choisi des mesures dignes des meilleurs « socio-libéraux ».
Au niveau du personnel, la ville a abaissé les salaires à l’engagement encourageant ainsi la spirale descendante du secteur privé, elle a attaqué la caisse de pension sous prétexte d’assainissement et s’apprête à supprimer les procédures d’avertissement qui actuellement précèdent le licenciement. Cerise sur le gâteau, dans sa lutte contre le mobbing, le syndic veut mettre en place une structure dépendant directement … de Lui !
Pour ce qui concerne les habitants, si la municipalité a protégé les fleurons culturels et sportifs et contribué à transformer le quartier du Flon en un vaste espace de distraction et de consommation nocturne, elle n’a pas épargné les « petites gens » : suppression de la gratuité du téléréseau pour les bénéficiaires d’aides complémentaires AI et AVS, restriction sur les bons de transports pour handicapés et suppression de l’aide sociale lausannoise complémentaire.
Du côté de l’augmentation des tarifs des services publics, on peut constater un acharnement de la municipalité à faire payer le prix fort de ses services aux lausannois comme aux non-lausannois ; ainsi, les tarifs et billets des institutions subventionnées seront augmentés pour les usagers des autres communes. A titre d’exemple, citons la suppression de la gratuité de la bibliothèque pour les usagers venus d’ailleurs, y compris pour les apprentis et étudiants. Pas avares de paradoxe, les services industriels baissent le prix de l’électricité - concurrence oblige - de 4% pour les privés, mais de 8% pour les entreprises grosses consommatrices ! Il en est de même pour les transports où l’on peut relever la volonté schizophrénique de la municipalité de diminuer le nombre de pendulaires motorisés tout en ayant introduit une augmentation du tarif des parkings d’échange.
Voilà une série de mesures que certains radicaux confient ne pas avoir osé proposer. De là à dire que la municipalité rose-verte termine sur un bilan digne d’un gouvernement de centre-droite, il n’y a qu’un pas. Mais, si, pour les élections de mars 2006, elle semble assurée de pouvoir continuer sur cette voie, jusqu’à quand les lausannois préfèreront-ils la copie à l’original ?






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